Fév 04

Quelques informations…

Je suis professeur documentaliste, titulaire du CAPES depuis 2004 que j’ai préparé à l’IUFM de Poitiers. J’ai exercé essentiellement en collège rural mais également en lycée et cité scolaire dans les académies de Lille, Créteil et Limoges.  A temps plein en établissement, j‘interviens également comme vacataire à l’ESPE de Limoges dans le cadre du M2 pour le module politique documentaire du MEEF Parcours professeur documentaliste. 

Ce site a pour objectif de servir de support pour mes cours à l’ESPE en présentant des documents de travail et des pistes de réflexion toutes personnelles. Il ne s’agit donc pas pour moi de prétendre ni à la vérité, ni à l’exhaustivité.

La politique documentaire doit être adaptée au contexte de chaque établissement, dans le cadre d’une concertation organisée par le chef d’établissement, et chaque prof doc se positionne selon son expérience professionnelle.

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Mar 11

Présentation stage PAF « Élaborer une politique documentaire » du 12 mars 2019

Cliquer sur l’image pour accéder à la présentation :

Le document distribué pour notamment une proposition d’analyse du fonds : Acccès et constitution des ressources – stage pol doc 03/2019

Questionnaire axe formation

Questionnaire gestion du matériel

Questionnaire achat des ressources numériques

 

 

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Jan 16

Cours du 17 janvier 2019

 

Séance 2 – Axes formation / accès aux ressources et activités / Constitution des ressources 

Suivi de la formation des élèves, indicateurs

Besoin de formation des enseignants

Questionnaire Institut Alma

Réflexion sur l’espace : TRAAM Documentation 2017/2018 Académie Nancy-Metz

Consignes pour le travail à rendre  (écrit pour le mardi 26 mars ; oral le jeudi 4 avril 2019)

Modalités d’évaluation

 

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Nov 19

Politique documentaire 2018

Ce diagnostic a été élaboré en septembre 2018, dans le cadre de la réécriture du projet d’établissement. Il s’agit bien entendu d’un exemple et ne saurait en aucun cas constituer un modèle, la politique documentaire n’ayant de sens que dans le contexte propre à chaque établissement.

Il s’agit d’un diagnostic partiel, reposant notamment sur l’évaluation de la politique documentaire réalisée en 2013.  La partie « Formation des élèves » sera en particulier abondée lors d’une réunion réunissant l’ensemble des enseignants afin de faire le point sur l’enseignement de l’EMI et de l’info doc au sein des progressions de chacun, hors interventions du professeur documentaliste.
Ce document de travail n’a pas vocation à être voté en l’état en Conseil d’Administration. Les objectifs proposés ne le sont qu’à titre d’illustration dans le cadre des séminaires destinés au professeurs documentalistes de l’Académie de Limoges et des fonctionnaires stagiaires dans le cadre du module politique documentaire du master MEEF.

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Nov 16

Quels objectifs choisir ?

La politique documentaire fait partie du projet d’établissement. Votre diagnostic mettra en lumière plusieurs points à améliorer ou dysfonctionnements, le choix devra donc être fait de porter vos efforts sur un nombre restreint d’objectifs prioritaires. Si le diagnostic a pour vocation a être le plus exhaustif possible, il est impossible de prétendre tout améliorer d’un coup… Encore une fois, le choix sera dépendant du contexte de l’établissement, de ses priorités, de son contrat d’objectifs global. 

Plusieurs éléments doivent toutefois vous aiguiller : 

  • On veillera à ne pas faire la démarche inverse, qui consiste à déterminer l’objectif à atteindre a priori et à réaliser le diagnostic, le choix des indicateurs selon cet objectif. Mettre la charrue avant les boeufs en somme…
  • Un objectif prioritaire implique le plus souvent un temps de mise en oeuvre long. Il ne doit pas être confondu avec l’objectif de votre projet CDI annuel. Exemple : recoter le fonds des documentaires est un objectif envisageable pour un fonds conséquent, recoter la classe 3 s’apparente davantage à un objectif annuel. Cela n’interdit pas naturellement de découper l’objectif prioritaire en étapes annuelles.
  • L’objectif prioritaire doit être décliné en moyens à mettre en oeuvre pour y parvenir et en indicateur de référence pour mesurer l’évolution. L’indicateur de référence peut toutefois être à créer. Par exemple : améliorer l’accès à la lecture pour les élèves à BEP implique de créer un fonds ou des activités spécifiques (moyens à mettre en oeuvre) et  d’identifier ces élèves dans la base emprunteurs (indicateur de départ inexistant pour les statistiques de prêts). Cela n’interdit pas non plus de retenir un objectif prioritaire pour lequel il n’y aurait pas d’indicateur chiffré pertinent mais cela reste peu évident.

Un objectif s’inscrit donc dans le projet d’établissement, sur une durée équivalente et propose des moyens à mettre en oeuvre pour l’atteindre et un indicateur de référence pour comparer son évolution dans le temps.

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Nov 15

Diagnostic de l’état du fonds documentaire

Axe : Constitution des ressources

Données à collecter : Ressources hors CDI : salles de classe, laboratoires, salles d’étude etc… Documents catalogués ou non (si catalogués → quel récolement, par qui, à quelle fréquence ?). Ressources numériques et électroniques : DVD, CD, logiciels… et accès à des services en ligne (Universalis, Folios, catalogue en ligne, Europresse etc…). Modalités d’accès aux ressources (identification unique ou non, communication des identifiants, statistiques d’utilisation à demander pour chaque abonnement à un service en ligne, dans le module administrateur d’Esidoc). Modalités d’accès au matériel : réservation salle info, classes mobiles, planning d’occupation du CDI etc…

Politique d’acquisition : Le budget.

Rappel : le chef d’établissement est l’ordonnateur des dépenses.

Répartition des crédits pédagogiques : existe-t-il un budget fixe pour le CDI, quelle répartition : abonnements, ouvrages, matériel ? Quelle utilisation des crédits disciplinaires, que deviennent les acquisitions sur les crédits disciplinaires : catalogage, stockage, mise à disposition ? Les achats se font-ils uniquement sur projet (pas de ligne pour le CDI ou pour chaque discipline) ? Budget CDI : calcul du budget acquisitions (lignes ouvrages et abonnements) divisé par le nombre d’élèves. Budget moyen en collège : 5/7 € ; en lycée 8/10 €. Quelle politique d’acquisition ? Rôle du gestionnaire et du chef d’établissement : définition de priorités claires et connues de tous, refus motivé ou non ? Prof doc : ressources professionnelles (veille, presse et sites spécialisés, programmes disciplinaires, objectifs du projet CDI : incitation à la lecture, définitions de priorités d’amélioration du fonds documentaire…). Demandes des enseignants et des personnels (CPE, COP, infirmier scolaire…) : projets, besoins etc… Les enseignants doivent-ils/peuvent-ils formaliser leurs demandes ? Auprès du prof doc, du gestionnaire ? A quel moment ? Existe-t-il une instance de régulation et de traitement des demandes (conseil pédagogique ?) ? Qui y participe ? Les décisions sont-elles communiquées et formalisées ? Demandes des élèves : cahier de suggestion, comité de lecteurs… Possibilité de réaliser une enquête des attentes des élèves en ciblant deux classes par niveau par exemple. Indicateurs de pertinence possible de la politique d’acquisition : Pourcentage de recherches demandées par les enseignants avec support papier pour lesquels les documents du CDI ont été utilisés ou empruntés.

Quelle politique de gestion du fonds : Récolement, désherbage… Il peut être utile d’expliciter les règles de désherbage (méthode de bibliothéconomie et règles propres à l’établissement) et le devenir des documents sortis du fonds. La liste des documents désherbés est à présenter en CA.

Gestion des fonds spécifiques :

Orientation/Kiosque Onisep : collaboration avec le COPsy ? Manuels scolaires, séries des lectures suivies. Qui est responsable de la gestion, qui fait quoi, lieu de stockage…

Analyse du fonds avec le logiciel documentaire :

Préambule : La qualité des indicateurs recueillis dépend du catalogage (date de parution, date d’achat complétées…) et de l’histoire de la base documentaire (succession de personnels ayant des pratiques et formations différentes). Il peut être indispensable de faire du nettoyage dans la base au préalable (recherche de notices sans exemplaire et inversement, recherche de champs vides en cote, types nature…).

Volumétrie :

Équations de recherche (exemples à venir)

Âge des collections :

Suivi des acquisitions (accroissement et évolution du fonds) : Le budget s’entend par année civile mais le professeur documentaliste rend compte de son activité pédagogique le plus souvent par année scolaire. Les statistiques d’acquisitions sont alors à calculer de septembre à juillet.

Équations de recherche (exemples à venir)

Calcul du taux de renouvellement En dessous de 7,5 % de renouvellement du fonds en accès libre, les emprunts ont tendance à diminuer → diminution de l’attractivité. Nombre de documents acquis – nombre de documents perdus ou désherbés divisé par le nombre total de documents disponibles.

Les données de volumétrie et de suivi des acquisitions sont à mettre en regard avec les statistiques de prêts et d’utilisation. On peut examiner par exemple la répartition des exemplaires par cote / La répartition des prêts par cote. Si le logiciel documentaire le permet, on peut utiliser les statistiques de recherche dans le catalogue du CDI (thèmes de recherche les plus fréquents, évaluation du silence documentaire…) et les intégrer à l’élaboration de la politique d’acquisition.

Statistiques de prêts

Équations de recherche (exemples à venir)

Attention, la pertinence des statistiques de prêts en établissement scolaire dépend beaucoup de la politique de prêts. Si une majeure partie du fonds est exclue du prêt, il est difficile d’utiliser cet indicateur dans sa globalité (cf. indice de disponibilité). De plus, les statistiques de prêts ne rendent pas compte de la consultation sur place, élément essentiel en établissement scolaire, bien plus qu’en bibliothèque municipale. Les prêts doivent être anonymés chaque année. Cela n’empêche pas d’effectuer des statistiques sur les années antérieures. Il suffit de créer un emprunteur anonyme par niveau (voire niveau+filière pour les lycées). Exemple : emprunts de tous les élèves de 6e anonymés avec ELEVES 6 en nom d’emprunteur. Procédure particulière à respecter (voir les tutoriels existants). Certaines équations de recherche ne sont pas possibles en raison du respect des recommandations de la CNIL (élève ayant emprunté le plus grand nombre de documents par exemple). Toutes les équations de recherche doivent préciser l’emplacement si des documents sont stockés à l’extérieur du CDI mais disponibles pour le prêt. Il est conseillé d’effectuer un changement par lot et de basculer en hors prêt tout ce qui n’est pas stocké au CDI.

Taux d’ouvrages dormant (non empruntés) Indicateur d’activités directement accessible dans le menu haut de BCDI. Nombre de documents empruntables sans prêts durant une période, divisé par le nombre de documents empruntables. De nombreuses équations de recherche préenregistrées sont proposées dans le menu Indicateurs d’activités. Il faut être attentif à leur construction pour s’assurer qu’elles correspondent bien aux données recherchées. Les statistiques par niveau permettent un suivi de cohorte d’année en année (utile à court terme pour un objectif de prêts sur un niveau déficitaire). → Le taux d’ouvrages dormant et les statistiques de prêts par cote permettent de mettre en évidence la règle de Trueswell : 80 % des prêts concernent 20 % du fonds.

 

Lien Permanent pour cet article : http://cdipoldoc.fr/2018/11/15/diagnostic-de-letat-du-fonds-documentaire/

Nov 15

Comment évaluer ?

Si vous avez défini vos objectifs en précisant les modalités de mise en oeuvre et l’indicateur de référence, l’évaluation reprend naturellement ces éléments. Il faut donc s’interroger sur les moyens dont on a disposé : ont-il été suffisants, conformes aux attentes, ont-ils évolué au cours de la période de mise en oeuvre (remise en cause des heures d’enseignements, évolution du budget…) ?

On mesure ensuite l’évolution en réutilisant les mêmes outils pour les mêmes indicateurs. Il s’agit de respecter l’exigence de comparabilité. Cela implique notamment d’utiliser les mêmes équations de recherche dans votre fonds documentaire (il est donc nécessaire de les enregistrer ou de les noter). Attention, si vous avez effectué beaucoup de modifications dans la base, certaines équations ne seront plus pertinentes (changement de cotation par exemple).

Si le contexte de variabilité  impacte fortement votre indicateur, il convient de pondérer le résultat obtenu. Exemple : baisse des prêts de 15 % en 4 ans mais baisse de l’effectif de 28 % sur la même période. Il est conseillé de prendre en compte la durée de mise en oeuvre de vos objectifs. Un ouvrage ayant 6 ans lors du diagnostic initial sera considéré comme récent mais aura déjà plus de 10 ans dans vos statistiques d’évolution quelques années plus tard…  Vos objectifs doivent donc être réalistes.

Enfin, l’évaluation peut être réalisée par étapes, lors du bilan d’activités annuel, avec une remise en cause de l’objectif prioritaire si besoin. Exemple : si l’objectif prioritaire est d’augmenter la fréquentation du CDI mais qu’un bilan intermédiaire fait apparaître un taux de remplissage de 105 %, il convient de modifier l’objectif pour ne pas mettre en péril l’exercice de nos autres missions…

Dans tous les cas, l’analyse des résultats obtenus ne peut être faite que grâce à votre expertise professionnelle. Les données brutes n’ont guère de sens. Seule l’analyse qui permet au professeur documentaliste d’infléchir sur sa pratique professionnelle et sur le fonctionnement systémique de son établissement en matière d’information a du sens. La politique documentaire ne doit pas être une coquille vide, elle doit permettre d’améliorer l’accès et l’utilisation de l’information pour les élèves et pour la communauté éducative dans son ensemble.

Lien Permanent pour cet article : http://cdipoldoc.fr/2018/11/15/comment-evaluer/

Nov 12

Sur qui peut-on s’appuyer ? Le professeur documentaliste doit-il (peut-il) tout faire lui-même ?

Si la circulaire de missions ( (circ. n° 2017051 du 28 03 2017, BOEN n° 13 du 30 mars 2017) précise bien qu' »Avec les autres membres de la communauté pédagogique et éducative et dans le cadre du projet d’établissement, [le professeur documentaliste] élabore une politique documentaire validée par le conseil d’administration, et à sa mise en oeuvre dans l’établissement. », le prof doc se retrouve souvent bien seul face à la politique documentaire.

Pour autant, sans le soutien et l’impulsion du chef d’établissement, le risque est grand de voir son travail dormir dans un tiroir et ne jamais être mis en oeuvre… De plus, à moins d’être très impliqué dans son établissement en assurant des missions supplémentaires, il est impossible pour le prof doc de réunir l’ensemble des données nécessaires au diagnostic sans s’adresser à ses collègues.

Dans l’idéal, donc… Et l’idéal étant de s’en approcher le plus possible :

Le chef d’établissement met en place une équipe de pilotage. Il peut déléguer la coordination au prof doc (ou à une autre personne) mais il en est le responsable. C’est à lui de formaliser le cadre de la réflexion (personnels concernés, réunions, dates butoirs etc…). Le prof doc a cependant toute légitimité à le conseiller et à faire des propositions.

  • Équipe de pilotage possible : Prof doc, gestionnaire, CPE, coordonnateurs de discipline ou prof volontaire, référent pour les usages pédagogiques du numérique, personnels non enseignants, représentant des collectivités, élèves et parents d’élève…
  • Pour limiter les réunions, utiliser autant que possible les instances déjà existantes : commission permanente, conseil pédagogique, CESC, conseil école/collège (cycle 3 = CM et 6e), CVC et CVL, réunions de direction ou de service…
  • Définir qui fait quoi : éviter de morceler la réflexion, l’objectif est de donner de la cohérence mais en s’adressant aux bonnes personnes (ex : si les élèves peuvent être associés à la politique d’acquisition, la constitution du budget doit être réfléchie par le chef d’établissement/gestionnaire/enseignants dont prof doc).

Et quand on pense que cet idéal est très loin du possible, on peut commencer par analyser les forces et les faiblesses :

  • Cerner les représentations et les attentes du chef d’établissement : vision du CDI et de l’information dans l’établissement ; quel(s) besoin(s) de formaliser une politique documentaire (nouveau projet d’établissement, dysfonctionnements multiples…), quelle formalisation attendue (annexe au projet d’établissement, fiches actions etc…) ?
  • Identifier les freins et les dynamiques possibles entre les différents acteurs pour organiser le plan d’action.
  • Trouver des leviers pour motiver les personnels qui ne se sentent pas concernés, qui considèrent la fonction documentaire comme de l’unique ressort du prof doc (exemple pour les profs de discipline : comment faciliter la différenciation pédagogique ? ; CPE et AED : accueil des élèves en dehors des cours au CDI et en étude : quelle organisation, quelles ressources disponibles en étude ?).

 

Lien Permanent pour cet article : http://cdipoldoc.fr/2018/11/12/sur-qui-peut-on-sappuyer-le-professeur-documentaliste-doit-il-peut-il-tout-faire-lui-meme/

Nov 11

Par où commencer ?

Avant de pouvoir réaliser un diagnostic pour établir une politique documentaire, quelques préalables sont indispensables : Mettre en place et utiliser des outils qui donneront ensuite des indicateurs.

  • Selon le contexte, le temps disponible, les habitudes des élèves, la pratique professionnelle de chacun, certains outils vous sembleront plus ou moins adaptés, voire impossible à utiliser. Vous seul êtes capable de définir ce qui peut être faisable dans votre établissement. Mais il parait difficile de faire l’impasse sur des statistiques de fréquentation par exemple… Vous trouverez dans cet article quelques exemples d’outils. Le suivi de la fréquentation peut ne pas concerner l’année complète, mais il faut veiller à avoir un échantillon représentatif sur les moments de la semaine, de l’année et des conditions météo par exemple… Parce qu’une politique documentaire n’est pas un simple bilan d’activités, les données devraient idéalement concerner une cohorte, c’est-à-dire 3 ou 4 ans…
  • Les statistiques concernant les prêts ne seront pour certaines pertinentes que si vous importez la base élèves chaque année (et non en saisissant l’emprunteur à la demande), si vous ne supprimez pas les fiches exemplaires lors du désherbage (car cela supprime également les prêts affectés à l’exemplaire). De plus, il faut veiller à anonymer les prêts chaque année. Bien entendu, il faut enregistrer l’ensemble des prêts et éviter la tenue d’un cahier de prêts temporaires pour rendre compte de façon précise de l’utilisation du fonds. Evidemment, les statistiques de prêts ne rendent pas compte de la lecture sur place. C’est un élément qu’il vous faudra analyser à part, avec votre expertise de professionnel.
  • Les statistiques concernant l’état du fonds documentaire (volumétrie, âge, qualité etc…) nécessitent d’avoir une base la plus propre possible. Si les années de publication ne sont pas enregistrées, vous aurez toutes les peines du monde à obtenir des indicateurs pertinents sur l’âge du fonds, de même si vous ne maîtrisez pas les localisations des documents à la fois physiquement et dans le champ emplacement dans BCDI, ou si vos cotes ne sont pas cohérentes, avec par exemple une partie des mangas cotés en M- et le reste en BD- ou un fonds où se côtoient des cotes en Dewey et en CDU… Logiquement, l’analyse de l’état du fonds ne peut se faire qu’après un récolement complet dans et hors CDI si l’emplacement déclaré dans BCDI de certains documents est ailleurs… Entre la vérification des cotes, des dates de publication, le récolement complet et les modifications de la base le travail peut rapidement être titanesque… Mais effectuer cette analyse est déjà en soi un indicateur. Si la base n’est pas correctement remplie pour vous permettre d’effectuer un diagnostic pertinent, vous avez tout de même un indicateur : l’état de la base en lui-même. Vous pouvez alors donner comme indicateur de mise en oeuvre le nombre de fiches exemplaire à modifier pour parvenir à exploiter la base dans le cadre de la politique documentaire. De plus, il ne s’agit pas de reprendre un à un tous les documents dont la date de publication n’aurait pas été complétée : votre indicateur peut présenter une ligne  » date non renseignée ».
  • Enfin, il faut accepter de changer de posture, de réfléchir à ses habitudes de travail :
    – Accepter de remettre en question sa pratique professionnelle (aspects du métier, missions… délaissés  selon ses goûts personnels).
    – Accepter d’élaborer une politique documentaire et non un projet de CDI : ouvrir à tout l’établissement, avoir une vision globale des besoins quitte à remettre en cause des pratiques établies au CDI depuis des années (politique d’ouverture par exemple). Intégrer des objectifs qui n’appartiennent pas au seul prof doc, penser en partenariat.
    – Établir un diagnostic avec une approche orientée usager(s) et non à partir de sa vision du rôle du CDI et du prof doc. Cependant, de nombreux indicateurs sont potentiellement déjà présents dans un bilan d’activités annuel du prof doc (statistiques de fréquentation, de prêts, formation etc…).

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Nov 11

Comment choisir ses indicateurs ?

Tout peut-il être mesuré, traduit en statistiques ? Evidemment non. Nous travaillons avec de l’humain, et des jeunes en formation qui plus est. L’impact de notre travail et de celui de la communauté éducative ne saurait se mesurer totalement en données chiffrées et autres pourcentages. On peut par exemple difficilement rendre compte de la lecture sur place, alors que dans certains CDI elle est plus importante que les emprunts. Dans ces conditions, l’adéquation du fonds avec les besoins des usagers ne saurait se limiter aux statistiques de prêts.

Il convient donc de ne jamais oublier que c’est vous, en tant que professionnel, qui êtes en mesure de constater ces spécificités et d’analyser la pertinence de vos indicateurs. Non, tout ne peut pas être mesuré. Mais rendre compte de ces manques dans votre diagnostic, en analyser la portée et les conséquences dans votre politique documentaire, c’est ce qui fait que sur certains points, vous êtes seul compétent pour réaliser le diagnostic.

Une fois ce point précisé, il convient de s’attacher à ce qui peut être mesuré : comment choisir un indicateur, quels critères de variabilité doivent être donnés ?

Pour être pertinent, un indicateur doit respecter les critères de comparabilité ou être pondéré par des critères de variabilité.

La politique documentaire n’a de sens que si elle est contextualisée. Vous ne pouvez pas choisir les mêmes indicateurs qu’un autre établissement. Les indicateurs dépendent du type d’établissement, du public accueilli (CSP des familles par exemple), du projet d’établissement (vos indicateurs doivent permettre d’abonder le diagnostic du fonctionnement de l’établissement et de la réussite du contrat d’objectifs), etc…

  • Réaliser le diagnostic du fonctionnement de l’établissement est primordial. Vous trouverez ici une proposition de grille à compléter (et à adapter, bien entendu) : Aide au diagnostic de l’établissement
  • Il vous faudra, chaque fois que nécessaire, mettre à jour le contexte de variabilité de l’indicateur : nombre d’heures/de jours d’ouverture du CDI / nombre d’heures d’accueil possibles sur des heures d’études / nombre d’élèves dans l’établissement / baisse ou augmentation significative du budget… On ne peut comparer que ce qui est comparable ! Dans la mesure du possible, il est préférable de s’exprimer en pourcentage plutôt qu’en données brutes. Dans le cas contraire, toujours donner le contexte de l’indicateur (en particulier pour le nombre d’élèves ou les nombre d’heures d’ouverture).
  • Toute donnée ne constitue pas un indicateur : le critère retenu doit correspondre réellement à ce que l’on souhaite mesurer.  Le nombre d’élèves présents à un atelier n’est pas suffisant pour dire si la communication autour de cet atelier est pertinente ou  non. Un nombre peu important d’élèves peut signifier aussi que l’atelier ne répond pas à une attente des élèves.
  • Enfin, l’indicateur doit pouvoir être réutilisé pour mesurer son évolution. C’est le seul moyen d’évaluer les effets de la politique documentaire menée. Les objectifs sont-ils atteints ? On définit donc les objectifs en fonction des indicateurs (et non l’inverse). Les indicateurs et les informations présentés ne doivent pas être retenus en fonction de l’objectif prioritaire envisagé.

Pour pouvoir répondre à l’exigence de comparabilité, outre la mise à jour de la variabilité de l’indicateur, il est nécessaire d’utiliser les mêmes outils. Ainsi,  il est ainsi conseillé notamment d’enregistrer les équations de recherche utilisées dans BCDI pour analyser son fonds documentaire (les macros).

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Nov 10

La politique documentaire : quels bénéfices dans le quotidien du professeur documentaliste ?

Présente dans notre circulaire de missions depuis mars 2017 et dans la grille d’évaluation des professeurs documentalistes dans le cadre du PPCR, la politique documentaire relève désormais d’un attendu, sinon d’une obligation, qu’elle n’était pas jusqu’alors. Pour autant, elle n’est pas seulement synonyme de contrainte, ses bénéfices peuvent être intéressants au quotidien, si on prend soin d’en délimiter clairement la portée :

  • Formaliser un fonctionnement implicite : assurer la continuité en cas de changement de prof doc, de chef d’établissement ou de CPE, établir clairement les principes de la communication des informations au sein de l’établissement. Définir quelles missions relèvent de quel personnel (en particulier associées à une  IMP)
  • Formaliser une progression en infodoc pour les élèves : déjà réfléchie, elle s’intègre plus facilement dans
    les réformes et les projets. Si l’on constate un manque ou un déséquilibre entre les niveaux, on peut cibler ses propositions de partenariats lorsqu’ils sont difficiles à mettre en place (réticences des collègues, manque de temps, méconnaissance des compétences du prof doc ou du contenu de l’enseignement en Info doc). Cela ne signifie pas pour autant que toutes les modalités doivent être présentées au Conseil d’Administration pour vote. Établir un diagnostic de la formation des élèves pour améliorer cette dernière ne signifie pas soumettre sa liberté pédagogique et celle de ses collègues au vote en CA.
  • Obtenir un budget (plan sur plusieurs années, prélèvements sur fonds de réserve) en fonction de l’état du
    fonds documentaire ou des priorités définies dans la politique documentaire.
  •  Etre reconnu comme professionnel dans l’ensemble des missions du prof doc (et pas seulement comme gestionnaire du CDI), à même de conseiller le chef d’établissement dans nos domaines d’expertise. Pour autant, on peut très bien être reconnu comme professionnel sans faire de politique documentaire.
  •  Déminer les situations problématiques fréquentes : gestion des manuels scolaires, ouverture du CDI en  dehors de la présence du prof doc, assurer un minimum d’enseignement, responsabilité du désherbage,
    circuit de commande et utilisation du budget pédagogique.

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